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Quel déclin du Catholicisme en France (Vatican II ?)

Mis à jour : 21 juin 2018

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En l’an 1000, le monde s’était revêtu « d’un blanc manteau d’églises » (Raoul Glaber). Vers l’an 2000, l’Église de France s’est revêtue d’un noir nuage d’Équipes d’Animation Pastorale (ÉAP). Chaque époque à sa poésie… Ces ÉAP préparent la prise en charge progressive des paroisses par des groupes de laïcs, dans un contexte d’extinction du clergé. Or voici qu’une « charte », récemment octroyée par l’évêque de Cahors, vient de poser un nouveau jalon dans ce processus de sécularisation.


Les ÉAP et l’exercice de la charge curiale


Le Code de Droit canonique traite seulement du « conseil pastoral » de la paroisse, éventuellement prévu par l’évêque mais purement consultatif (canon 536), et du « conseil pour les affaires économiques », obligatoire mais qui dépend largement de l’administration diocésaine (canon 537). Mais, depuis au moins une trentaine d’années, ont pointé en France des groupes de laïcs plus actifs dans la direction de la paroisse. Leur existence prenait théoriquement appui sur le canon 519, qui dit de manière très vague que le curé exerce sa charge « avec l’aide apportée par des laïcs », operam conferentibus laicis. En réalité, les ÉAP ont émergé du canon 517 § 2, innovation explosive du Code 1983, qui a toujours beaucoup inquiété les canonistes les plus sérieux, et qui prévoit qu’en raison de la pénurie de prêtres, l’évêque peut confier « une participation à l’exercice la charge pastorale d’une paroisse », participationem in exercitio curæ pastoralis, à un diacre, à une autre personne non prêtre, ou à une communauté de personnes, cependant qu’un prêtre – résidant généralement non loin de la paroisse – est nommé modérateur de la paroisse avec pouvoirs et facultés de curé. Une communauté de laïcs peut donc ainsi avoir une participation à l’exercice de la charge pastorale d’une paroisse, communauté qu’on a pris l’habitude de qualifier d’Équipe d’Animation Pastorale.

Nous avions lancé une alerte, comme on dit, le 9 juillet 2015, à propos d’une application maximale du canon 517 § 2, dans le diocèse d’Agen, par Mgr Herbreteau, stylé par son très actif chancelier, le diacre Morin : était créée une ÉAP, dirigée par un laïc « responsable de la paroisse », le prêtre voisin n’étant plus qu’« accompagnateur ».


Vers des paroisses sans prêtre


Mais voilà que cette création institutionnelle du canon 517 § 2, de fait hautement idéologique – visant le brouillage des frontières entre prêtres et laïcs – a commencé à s’étendre aussi aux paroisses ou aux ensembles paroissiaux encore pourvus d’un curé. En 1996, à la fin de l’épiscopat de Mgr Colini, à Toulouse, on discuta âprement d’un projet de mise en ÉAP de toutes les paroisses du diocèse. Et de diocèse en diocèse, l’éapisme a gagné du terrain. Il s’est consolidé, contre toute légalité. Symptomatiquement, le site de la Conférence des évêques a définit l’ÉAP comme « une équipe de chrétiens qui collaborent à l’exercice de la charge pastorale du curé ou d’un prêtre modérateur ». La collaboration vague et générale du canon 519 se mariait ainsi directement avec l’exercice de la charge pastorale du canon 517 § 2. Du coup, les ÉAP, toutes les ÉAP, avec ou sans curé de paroisse, acquéraient ni plus ni moins qu’une participation au pouvoir décisionnel du curé, une quasi-juridiction.

Lire la suite sur : https://www.riposte-catholique.fr/en-une/vers-des-paroisses-sans-cure-mais-eapisees



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