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Les religions et les droits de l’homme partagent un “idéal commun”

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Quelques extraits du texte :


"Le succès médiatique déclinant, voire la sacralisation morale teintée d’impuissance des politiques des droits de l’homme à laquelle nous assistons actuellement nous interpelle, à la fois comme citoyen et membre de l’espèce humaine. Et il n’est pas inutile de revenir sur les débats philosophiques et théologico-politiques qui ont passionné – et opposé – les penseurs du politique et du religieux durant plus de deux siècles à propos des droits de l’homme."


"La pensée révolutionnaire française s’est explicitement revendiquée comme une doctrine de droit naturel. Et son héritière, la pensée républicaine, a toujours invoqué comme l’un de ses premiers fondements, les grandes déclarations de la période révolutionnaire tout en construisant un arsenal constitutionnel et législatif de droit positif. Pour les Églises chrétiennes, et en tout premier lieu l’Église catholique, l’existence d’un droit naturel immanent ne fait pas non plus question. La pensée théologique a inscrit les droits naturels comme étant d’origine religieuse et divine et ils sont assumés comme tels depuis plusieurs siècles. Dès l’origine, deux conceptions distinctes de la loi naturelle se sont donc affrontées. L’une se fondait à l’aune de la transcendance divine, l’autre, sur le seul assentiment humain, même si c’est, et le préambule de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen nous le rappelle, « en présence et sous les auspices de l’Être suprême ». Ce dernier reste cependant un simple témoin passif de la volonté des hommes à s’octroyer par eux-mêmes leurs propres droits de l’homme et du citoyen. Le grand malentendu entre les droits de l’homme à la française et les Églises chrétiennes datent directement de cette hardiesse politique (pour les uns), de cette démesure de l’orgueil humain (pour les autres), signée à la fin de l’été 1789."





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" L’Église catholique n’a cependant jamais cessé de revendiquer un fondement directement divin à ces droits humains et de proclamer l’absolue préséance de Dieu et de la loi divine sur les hommes et la loi humaine. Elle a par ailleurs assorti son ralliement à la limitation effective de certains des droits individuels qui lui semblaient relever d’un domaine religieux et moral réservé, en particulier en ce qui concerne la morale personnelle.

Comme pour le catholicisme et le protestantisme avant elle, il existe pour l’orthodoxie, une pensée des droits de l’homme qui s’origine selon elle dans une théologie personnaliste, préexistante à son inscription – jugée tardive – dans les textes juridiques internationaux. L’orthodoxie, s’est cependant, et pour des raisons historiques évidentes, plus tardivement intéressée que les autres confessions chrétiennes au développement en son sein d’une théologie des droits de l’homme. Celle-ci n’est véritablement apparue qu’à la suite des différents engagements œcuméniques des différentes Églises orthodoxes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’Église orthodoxe russe a ainsi proposé sa propre compréhension des droits de l’homme dans un document daté de 2008. Celui-ci lie le nécessaire respect de la dignité de l’homme aux devoirs et responsabilités morales de ce dernier. Ces dernières se résument à un ensemble de normes éthiques qui cadrent ainsi l’exercice de cette liberté première. Les principaux droits fondamentaux de l’homme, sont, dans cette conception, le droit à la vie, au respect de sa liberté de conscience, de sa liberté de parole, de sa liberté de création et de son droit à l’éducation. D’autres Églises orthodoxes se sont exprimées depuis sur les droits de l’homme, en particulier lors du grand Concile panorthodoxe de 2016. Là encore, c’est la défense de la liberté de religion et de conviction, et en particulier celle des personnes croyantes, mais aussi les droits collectifs des communautés religieuses, qui sont privilégiés au besoin au détriment des autres droits individuels. Dans l’encyclique produite par le concile, la critique des excès possibles qu’une application exagérément individualiste des droits peut entraîner dans la société est encore mieux précisée : les droits individuels doivent être garantis contre les atteintes potentiellement liberticides des États (en raison de leur passé communiste, la mémoire totalitaire joue un rôle important dans cette approche). Mais ils ne doivent pas conduire les individus à privilégier leurs propres droits aux détriments de leurs devoirs humains et de leurs responsabilités dans la société."




Lire l'intégralité de l'article : https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Eglise-en-France/Valentine-Zuber-religions-droits-lhomme-partagent-ideal-commun-2019-03-19-1201009892

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