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Les contentieux ne cessent de croître entre la Russie et l'Ukraine

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Si le conflit dans le Donbass reste le point de tension principal, les litiges russo-ukrainiens s'accumulent dans tous les domaines au moment où l’Ukraine entre en période préélectorale.




La brève confrontation entre les marines russe et ukrainienne à proximité du détroit de Kertch, qui s’est traduite, fin novembre 2018, par l’arraisonnement de trois navires ukrainiens et l’emprisonnement de leur équipage, a remis le conflit russo-ukrainien au premier rang des préoccupations de la communauté internationale.

Si le conflit dans le Donbass reste le point de tension principal, les contentieux russo-ukrainiens ne cessent de croître dans tous les domaines au moment où l’Ukraine entre en période préélectorale.



L’institutionnalisation des Républiques du Donbass





Début novembre 2018, des élections parlementaires et présidentielles ont été organisées par les Républiques populaires autoproclamées de Donetsk (RPD) et de Lougansk (RPL). Leur objectif était, avant tout, de légitimer leurs dirigeants qui exerçaient leurs fonctions par intérim. À Donetsk, Denis Pouchiline a été propulsé à la tête de la RPD après la mort d’Alexandre Zakhartchenko, tué dans l’explosion d’une bombe fin août 2018. À Lougansk, Léonid Passetchnik avait pris la tête de la RPL en novembre 2017 à l’issue d’une révolution de palais.

Soutenues par Moscou mais dénoncées par Kiev, ces élections constituent une étape supplémentaire dans l’institutionnalisation des Républiques indépendantistes du Donbass peuplées d’environ 3,6 millions d’habitants. Le gouvernement ukrainien a paradoxalement contribué à cette évolution: reprenant à son compte l’agenda nationaliste, il a cessé de verser retraites, salaires et minima sociaux aux populations vivant sur le territoire des Républiques indépendantistes, avant de décréter un embargo économique à leur encontre. Ces mesures, contraires aux accords de Minsk, n’ont fait que renforcer la dépendance des Républiques indépendantistes envers la Russie.


Cette évolution signe cependant l’échec partiel de la stratégie russe: Moscou souhaitait utiliser ces accords pour «fédéraliser» l’Ukraine grâce à un changement de la Constitution ukrainienne associé à un statut d’autonomie pour le Donbass. Mais Kiev craint que cela n’encourage les forces centrifuges, tout en donnant à Moscou un droit de regard dans les affaires intérieures ukrainiennes. C’est ce qui explique le refus catégorique de Kiev de dialoguer avec les représentants du Donbass et le maintien d’une option militaire visant à la «reconquête» des territoires perdus.

En réaction à ces élections jugées illégales, l’Union européenne a rajouté neuf «officiels» des Républiques du Donbass sur sa liste des personnes soumises aux sanctions, mesure qui relève d’un «service minimum» assuré par une Europe de plus en plus divisée sur l’opportunité des sanctions.


Moscou avait pris les devants fin octobre avec la mise en place de «contre-sanctions» financières à l’encontre de 362 personnalités et de soixante-huit sociétés ukrainiennes qui représentent une grande partie des élites politico-économiques ukrainiennes actuelles. La Russie étant redevenue le premier partenaire commercial de l’Ukraine en 2017, Moscou dispose là d’un instrument de pression pour tenter de peser sur l’évolution du régime ukrainien.


La religion, une nouvelle dimension au conflit


Le président ukrainien Petro Porochenko n’en poursuit pas moins sa politique de défiance envers la Russie. C’est dans cette optique qu’il a œuvré à la création d’une nouvelle église ukrainienne en rupture avec l’orthodoxie russe. Pour ce faire, il est parvenu à convaincre le patriarcat de Constantinople de soutenir «l’autocéphalie» de l’église ukrainienne, ce qui a poussé le patriarcat de Moscou à rompre avec Constantinople.



Mais si le président ukrainien peut se targuer d’avoir provoqué ainsi une grave crise au sein de l’orthodoxie, les résultats en Ukraine sont ambivalents: en effet, le clergé de l’Église orthodoxe ukrainienne canonique (rattachée au patriarcat de Moscou) a très majoritairement refusé de rejoindre la nouvelle église malgré les fortes pressions exercées par le pouvoir (arrestations de prêtres, perquisitions de lieux de cultes…). La nouvelle église rassemble donc les structures préexistantes qui étaient déjà en rupture avec Moscou et ont été «légalisées» grâce à la reconnaissance de Constantinople, tandis que l’Église orthodoxe ukrainienne reste fidèle au patriarcat de Moscou.


Loin donc de rassembler, l’initiative du président ukrainien a encore aggravé les divisions du pays et illustré à quel point la politique de rupture avec le «monde russe» est loin de faire l’unanimité.


Lire la suite sur : http://www.slate.fr/story/171873/russie-ukraine-accumulation-contentieux-danger-conflit-porochenko-poutine

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