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L'Eglise et l'Etat au coeur des élections russes

Mis à jour : 19 mars 2018

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Ils ont entre 18 et 25 ans et ont grandi avec Vladimir Poutine. Portrait d’une jeunesse russe optimiste, ni soumise ni révoltée.



De notre envoyé spécial

La patronne du café « Le dernier verre » n’aime pas sourire ou dire bonjour. Mais ce que la babouchka déteste par-dessus tout, ce sont les débats politiques, les jeunes gens aux mines de conspirateurs et les étrangers trop curieux. « Vous savez que c’est un café ici ? », lance-t-elle, courroucée, en servant des thés au goût de médicament et des gâteaux rassis. Pas démontés, les lycéens et étudiants poursuivent leur conversation fiévreuse. Mikaël Penkin, 22 ans, raconte ses quatre jours en garde à vue pour une affiche soi-disant fasciste. Lui, le marxiste autoproclamé. L’expérience ne l’a visiblement pas traumatisé. « Les flics étaient de mon côté », conclut-il l’œil brillant.

La conversation dérive sur l’élection présidentielle de dimanche. Alexandre et Ruslan, les « sociaux-démocrates » de la bande, Nikita, « le communiste » nostalgique, l’autre Alexandre, « le libéral » qui rêve d’Europe, parlent pour une fois d’une même voix : ce scrutin est un non-événement. « Cela n’a pas de sens de se déplacer », assène l’un. Un autre renchérit : « Je ne vois pas de candidats qui répondent à notre désir de liberté et de développement de la société civile ». Fort de ce constat, chacun se sépare dans le froid qui recouvre la région de Nijni Novgorod. « Vous voyez, on ne vote pas tous pour Poutine », glisse Mikaël sur le pas de la porte.

Les cinq compères du « Dernier verre » sont cependant loin de représenter la jeunesse russe, plutôt encline à l’indifférence vis-à-vis de la chose politique, voire à soutenir le président qu’ils ont connu depuis leur plus tendre enfance. À en croire les enquêtes d’opinion du Centre Levada, 55 % des 18-25 ans disent avoir confiance en Poutine. « Il a restauré l’ordre dans le pays, et il est capable de nous défendre contre les menaces extérieures », estime Ksenia Makaro, 20 ans, qui aspire à devenir une missionnaire au service de l’Église orthodoxe.

Cette étudiante en longue jupe noire évoque ses engagements auprès de divers mouvements patriotiques. À ses yeux, le pays ne peut marcher sans l’Église et l’État, le patriarche Kirill et le président Poutine, lequel est le mieux à même de défendre les valeurs familiales et le « destin spécial » de la Russie. Ksenia Makaro l’admet : elle se sent très loin des Européens. « Les jeunes Russes n’ont pas adopté les valeurs démocratiques occidentales, note le sociologue du Centre Levada, Denis Volkov. Mais ils sont plus optimistes que leurs aînés, plus éduqués et plus positifs vis-à-vis des Européens. » La génération Poutine est également moins marquée par la période soviétique et le chaos des années 1990.

Lire la suite sur : https://www.la-croix.com/Journal/Notre-generation-fait-confiance-personne-2018-03-16-1100921166

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