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Déchristianisation de l’Occident : comment et pourquoi

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Des méthodes de la fin de l’Union soviétique appliquées en Occident


Sergueï Khoudiïev


Ces dernières décennies, un bouleversement culturel tectonique s’est produit en Occident, de façon particulièrement flagrante aux États-Unis. Ses élites politiques, qui, pendant la guerre froide, présentaient l’Occident comme « une civilisation chrétienne » luttant contre « le communisme athée », se démarquent de plus en plus du patrimoine chrétien depuis la chute de l’URSS.

Ceux qui ont connu cette époque se souviennent des émissions des radios occidentales sur ondes courtes, affirmant que la liberté de confession religieuse est une réalité en Occident, au contraire de l’URSS. Les gens vivent ouvertement leur foi, construisent des églises, prêchent la parole de Dieu jusque dans les stades, à la radio ou dans les périodiques, avec l’aval du gouvernement.

En URSS, la situation était fort différente, comme les radios occidentales (ces « voix ennemies », comme on les appelaient ironiquement) ne manquaient pas une occasion de le rappeler. Certes, la constitution garantissait la liberté de religion, et le citoyen soviétique de l’époque de Brejniev ne commettait pas d’infraction à la loi s’il allait à l’église.

Mais l’intérêt pour la religion avait de lourdes conséquences : elle valait, au minimum, une « mauvaise caractéristique ». La « caractéristique » était un document nécessaire pour entrer à l’université ou pour postuler à un emploi. Les principaux traits de caractère de la personne y étaient indiqués, on précisait également si elle était politiquement fiable. La mention de croyances religieuses équivalait pratiquement à une déchéance civique : on ne pouvait faire confiance à un croyant, il ne pouvait pas faire carrière.

Aujourd’hui, en Occident, et particulièrement aux États-Unis, la situation rappelle l’URSS de l’ère de stagnation. Il n’y a ni persécutions sanglantes, ni exécutions en masse, ni camps de concentration, mais être attaché à la foi chrétienne traditionnelle, notamment aux normes éthiques de la Bible dans le domaine sexuel, c’est « saper sa caractéristique », mettre sa carrière en danger.

Citons le cas particulièrement frappant de l’ex-directeur général de Mozilla, Brendan Eich. En 2008, Eich a fait don de mille dollars de sa fortune personnelle pour soutenir une campagne en vue de l’amendement de la Constitution de Californie, initiative connue sous l’appelation de « Proposition 8 ». Cet amendement définissait le mariage comme « union entre un homme et une femme ». L’amendement a été adopté, puis supprimé en 2013 par la Haute Cour des États-Unis. En 2014, des militants LGBT ont appris le don fait par Eich qui, sous la pression de ce lobby a été forcé de quitter son poste.

Citons également le cas de Kelvin Cochran, d’abord suspendu, puis limogé de son poste de chef des pompiers d’Atlanta. Cochran, après 34 ans de bons et loyaux services, avait publié un ouvrage jugé « discriminatoire » et « homophobe ».

Kelvin Cochran, baptiste de confession, rappelle que les relations sexuelles ont leur place dans le cadre du mariage d’un homme et d’une femme, tandis que la fornication, qu’elle se pratique entre personnes de même sexe ou de sexe opposé, « vide l’homme ». C’est cette réaffirmation de conceptions évidentes pour un chrétien qui a provoqué le licenciement de Cochran.


Ces dernières années, les ruptures de contrat et les licenciements de personnes ayant osé exprimer ouvertement leurs opinions chrétiennes sur l’éthique sexuelle, sont devenues une routine, désormais appellée cancel culture, l’idéologie LGBT s’affirmant désormais comme idéologie d’état.

Il n’est pas interdit d’avoir une Bible chez soi (ce n’était pas interdit non plus durant les dernières années de l’URSS), mais la citer en public peut attirer des désagréments. Le procureur général de Finlande, Raija Toiviainen, a entamé une procédure pénale contre l’ex-ministre de l’Intérieur, Päivi Räsänen, qui avait publié sur sa page Facebook une citation de la Bible – Rm 1,24-27 – condammnant l’homosexualité. Le procureur a considéré que cette citation biblique tombe sous le coup de la loi interdisant les « discours de haine ». Le médecin britannique David Drew a été licencié pour avoir cité la Bible au travail ; aux États-Unis, Monifa Sterling a été licenciée de l’armée pour avoir refusé de supprimer des citations bibliques de son ordinateur, etc.


Comment l’Occident, autrefois bastion de la liberté de confession religieuse, en est-il arrivé à poursuivre les chrétiens pour leur foi ?


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