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Crise ukrainienne : le monde orthodoxe toujours dans l’impasse



Mais ce sommet qui doit se tenir à partir de mercredi 25 février à Amman en Jordanie et s’achever le 27, a buté sur le refus catégorique du patriarche de Constantinople Bartholomeos Ier. Dans une réponse cinglante, il rappelait la prééminence du Patriarcat œcuménique et dénonçait une « initiative sans précédent dans l’histoire de l’Église orthodoxe ».


Dans le sillage du Patriarcat œcuménique, les primats d’Alexandrie, de l’Église de Grèce, de Chypre, d’Albanie, de Géorgie, de Bulgarie, d’Antioche et de Roumanie ont décliné l’invitation du patriarche de Jérusalem. Finalement, seuls ceux de Moscou, de Serbie, des Terres tchèques et de Slovaquie doivent y participer, mais leur présence demeure encore incertaine.


« Il me semble que toute tentative d’œuvrer pour l’unité est positive et préférable à cette situation d’attente », assure le père Jivko Panev, maître de conférences à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris et rédacteur en chef du portail d’information Orthodoxie.com. Nicolas Kazarian, chercheur associé à l’Iris et spécialiste du monde orthodoxe, est, lui, plus sceptique. « Ce qui devait être un concile se transformera en une simple réunion, de laquelle ne sortira que peu de choses : peut-être un communiqué pour expliquer les raisons de l’impossibilité à reconnaître l’Église orthodoxe d’Ukraine », affirme-t-il.


S’il évoque le « véritable souci quant à l’unité de l’orthodoxie » du patriarche Théophile III, Nicolas Kazarian, souligne également les liens forts entre le Patriarcat de Jérusalem et celui de Moscou, notamment via le flux de pèlerins russes en Terre sainte - source de revenus non négligeables. « Il me semble que c’est parce que les dés sont jetés d’avance que de nombreuses Églises ont décidé de ne pas se rendre en Jordanie, explique le chercheur, également lié au Patriarcat de Constantinople. En revanche, si le somment a bel et bien lieu, cela permettra d’évaluer l’influence russe dans la région et auprès des différentes Églises ».


Comment alors sortir le monde orthodoxe de l’impasse actuelle si le sommet proposé par le patriarche de Jérusalem échoue ? « Les crispations entre Moscou et Constantinople sont telles que la situation peut durer très longtemps », analyse Yves Hamant, professeur émérite des universités, expert de l’orthodoxie et de la Russie. Une crise que le théologien et historien Jean-François Colosimo fait remonter au concile panorthodoxe de Crète en juin 2016 auquel l’Église orthodoxe russe avait refusé de participer.


Une impasse qui peut durer


Selon le père Jivko Panev, « il faut revenir à l’essentiel » : « Le problème n’est pas géopolitique, comme on le résume trop facilement, mais concerne la question de la primauté du Patriarcat œcuménique. » Ce dernier défend son statut de primus inter pares (premier parmi les pairs) quand Moscou affiche sa puissance renaissante après l’ère communiste.


Nicolas Kazarian parle, lui, d’une question de temps. « La reconnaissance de la légitimité de l’Église orthodoxe d’Ukraine par d’autres Églises autocéphales suit un cheminement historique qui passe à la fois par les principaux sièges patriarcaux, mais aussi par le Mont Athos, dont les principaux abbés se rendent progressivement à Kiev et apportent leur soutien au métropolite Épiphane, soutient-il. Le Patriarcat œcuménique ressortira renforcé de cet épisode, malgré les conditions politiques inconfortables dans lesquelles il se trouve. » Une conviction loin d’être partagée à Moscou qui dénonce une primauté qui tendrait à copier l’organisation de l’Église catholique.


Lire l'intégralité de l'article sur : https://www.la-croix.com/Religion/Orthodoxie/Crise-ukrainienne-monde-orthodoxe-toujours-limpasse-2020-02-24-1201080102

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