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Belgique : un panorama sur la situation de l’Église orthodoxe

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Si les études sur les communautés musulmanes en Europe sont aujourd'hui nombreuses, il n'en va pas de même d'une autre composante religieuse dont la présence a fortement augmenté au cours des dernières décennies, mais sans susciter les mêmes interrogations publiques : les Églises orthodoxes de tradition byzantine et les autres Églises orientales (préchalcédoniennes, c'est-à-dire de tradition syriaque, copte, arménienne, éthiopienne). Il convient donc de signaler la publication d'un cahier du Centre de recherche et d'information socio-politiques (CRISP) sur L'Église orthodoxe en Belgique. En une soixantaine de pages, Serge Model offre un panorama documenté et factuel sur la présence orthodoxe de tradition byzantine et son statut juridique dans ce pays. L'auteur est doublement qualifié, puisqu'il est à la fois prêtre orthodoxe et directeur du service du Compte Rendu Analytique de la Chambre des Représentants de Belgique.


Même si l'on ne dispose pas de chiffres exacts (et encore faudrait-il distinguer entre les pratiquants et ceux qui ne visitent que rarement une église), le nombre d'orthodoxes de tradition byzantine en Belgique se situerait entre 100.000 et 125.000. Il existe une soixantaine de lieux de culte orthodoxes en Belgique ; l'auteur note au passage la modestie du patrimoine immobilier de ces communautés issues de migrations, avec de rares églises construites à l'usage du culte orthodoxe, tandis que les autres sont d'anciennes églises catholiques ou d'autres lieux réaménagés. Les communautés grecques, roumaines et russes sont les plus nombreuses (une douzaine de lieux de culte russes du Patriarcat de Moscou, quatre de l'Archevêché des paroisses d'origine russe en Europe occidentale et deux de l'Église russe hors-frontières). Il existe également une paroisse bulgare, deux paroisses serbes et cinq paroisses géorgiennes, sans oublier deux paroisses ukrainiennes relèvent d'une hiérarchie aux États-Unis dans la juridiction du Patriarcat de Constantinople.


L'auteur consacre à juste titre un chapitre entier aux relations entre l'Église orthodoxe et l'État belge. En effet, une particularité de la Belgique est que le culte orthodoxe y a été reconnu par l'État en 1985, avec plusieurs conséquences concrètes pour la vie orthodoxe. Les ministres du culte orthodoxe sont ainsi rémunérés par l'État, en application d'une loi de 1987 ; en 2017, 55 ministres du culte recevaient ainsi un salaire, pour un montant total d'un peu plus de 1,25 mio €. Les paroisses font l'objet de reconnaissances individuelles, selon différents critères : 44 le sont actuellement. Des cours de religion chrétienne orthodoxe sont organisés dans les écoles pour les élèves qui le demandent, sous l'autorité de l'organe représentatif du culte, qui est pour l'Église orthodoxe le métropolite-archevêque du Patriarcat de Constantinople (reconnu comme représentant de tous les orthodoxes du pays pour les relations avec l'État, même pour ceux qui ne se trouvent pas sous sa juridiction canonique). La reconnaissance permet également à l'Église orthodoxe de disposer d'aumôniers auprès de différentes institutions : dans les établissements pénitentiaires et hospitaliers pour le moment, mais pas encore dans la Défense nationale (discussions encore en cours). Enfin, les églises préchalcédoniennes ont signé en 2018 « un accord reconnaissant le métropolite-archevêque du patriarcat œcuménique de Constantinople comme leur représentant auprès des autorités belges », mais cet accord n'a pas encore été suivi d'effets pratiques pour le moment.


Lire la suite sur : https://www.religion.info/2019/05/16/belgique-panorama-eglise-orthodoxe/

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