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Analyse géopolitique de l'Orthodoxie Post Concile de Crète

Mis à jour : 11 avr. 2018

Source 2017


Du 19 au 26 juin 2016, dix Églises orthodoxes se sont réunies en concile, à Kolymbari, en Crète (Grèce), le premier du genre depuis l’an 787. Mais le boycott de quatre, dont celle de Russie, la plus importante, met en relief des tensions. Le communiqué final de la rencontre insiste sur l’indépendance des centres religieux vis-à-vis du pouvoir politique, ce qui ne les empêche pas de rejeter le sécularisme et d’être un élément de la diplomatie nationale.

Alors que l’Église orthodoxe russe n’a pas ménagé ses critiques au lendemain de la publication du communiqué, estimant qu’il ne fallait pas confondre religion et démocratie, les difficultés pour atteindre l’unité du monde orthodoxe sont plus politiques que religieuses. Les causes théologiques des divisions sont certes réelles, en raison notamment du processus d’ethnogenèse de la religion orthodoxe depuis le XIXe siècle. Toutefois, l’impossible unité n’est pas sans lien avec l’affrontement géopolitique issu de la nouvelle guerre froide entre Russie et Occident.

Une croyance en hausse

Le projet de concile remonte à plus de cinquante ans, avec la première conférence panorthodoxe de Rhodes (Grèce), en 1961, à laquelle le patriarcat de Moscou et de toute la Russie prit part. En dépit des difficultés de préparation, le concile de 2016 revêt une importance majeure, car le nombre de fidèles orthodoxes est en augmentation : il est passé de 125 millions au début du XXe siècle à 275 millions en 2010. Ce chiffre représente, selon les estimations de décembre 2011 du think tank américain Pew Research Center, 11 % des chrétiens dans le monde (50,1 % pour les catholiques et 36,7 % pour les protestants).

Au-delà des deux grandes institutions que sont les patriarcats de Constantinople et de Russie, il existe douze autres Églises orthodoxes « autocéphales » : Albanie, Alexandrie, Antioche, Bulgarie, Chypre, Géorgie, Grèce, Jérusalem, Pologne, Roumanie, Serbie et -Tchéquie-Slovaquie. Elles sont séparées de Rome depuis le schisme de 1054 et rejettent toute -primauté

juridictionnelle ainsi que le principe d’autodétermination des Églises. On notera l’existence de centres orthodoxes rattachés à un patriarcat existant, comme au Japon et en Chine (dépendants de Moscou), et d’autres, indépendants, mais non reconnus, pour des raisons politiques et territoriales, comme le patriarcat de Kiev (officiellement, l’Église d’Ukraine est rattachée à Moscou), ou doctrinales. L’orthodoxie orientale (Arménie, Éthiopie, coptes d’Égypte, Syriaques) ne suit pas les mêmes normes théologiques et ne participe pas aux conciles.

Lire la suite : http://www.areion24.news/2017/01/06/geopolitique-soft-power-de-religion-orthodoxe/






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